«SI, DANS QUINZE jours, les pouvoirs publics ne déploient pas davantage de moyens, nous formerons un comité de vigilance armé. » L’avertissement est clair et il est signé Marcel Campion, l’emblématique président des forains de France, responsable entre autres de la Foire du Trône et de la grande roue de la place de la Concorde à Paris. Il fait suite à l’agression dont son frère, André, a été victime dans la nuit de dimanche à lundi à son domicile de Lachapelle-aux-Pots, un petit village près de Beauvais, dans l’Oise. sas_pageid=’2358/16838′; // Page : manchettepub/leparisien.com/articles_faitsdivers sas_formatid=1278; // Format : rectangle 300×250 sas_target= »; // Targeting SmartAdServer(sas_pageid,sas_formatid,sas_target); Cette nuit-là, un commando cagoulé a ligoté et roué de coups le forain retraité pour lui extorquer argent et bijoux. Pour la sixième fois en quelques semaines, un entrepreneur de la région de Beauvais était victime d’un commando de plusieurs hommes qui agissait selon un mode opératoire similaire.

Hier, à Beauvais, une dizaine de victimes étaient réunies pour créer une association et se « donner les moyens d’agir ». Ulcérées par la lenteur de l’enquête, avec l’impression d’être « oubliées », les victimes ont décidé de récompenser financièrement toute personne qui donnera un renseignement susceptible de permettre l’arrestation d’un ou plusieurs membres du commando. Un détective a été engagé pour centraliser les informations et mener l’enquête.

50 000 € pour des renseignements

« C’est un appel à la délation, mais si ça a marché à Villiers-le-Bel, je ne vois pas pourquoi ça ne fonctionnerait pas à Beauvais, affirme Marcel Campion. Nous allons proposer 50 000 € pour des renseignements qui permettent de faire avancer l’enquête. Maintenant, c’est à l’Etat d’assurer notre sécurité et de débloquer des moyens pour interpeller cette ou ces équipes. S’il ne le fait pas, nous en tirerons les conséquences. On inversera le camp de la peur et les chasseurs deviendront chassés. J’ai eu un conseiller d’Alliot-Marie qui m’a dit qu’il allait examiner la situation. Qu’ils commencent par envoyer des enquêteurs sur le terrain pour accélérer les choses. »

Traumatisées, la plupart des victimes indiquent déjà que toute nouvelle tentative « pourrait se terminer tragiquement ». « Je dors avec mon fusil sous le lit, raconte une des victimes. Je ne dormirai pas tranquille avant qu’ils soient arrêtés. » Cette initiative n’a pas été appréciée par la gendarmerie, qui a créé un groupe d’enquête spécial à Amiens. A Beauvais, James Juan, le procureur de la République, a rappelé que « de nombreux enquêteurs travaillaient sur ces affaires ». « C’est dangereux de faire croire que la justice ne fait rien ou que les enquêtes sont négligées, continue-t-il. Contrarier l’action de la justice, ce n’est pas acceptable, et je ne suis pas certain que M. Campion mesure toutes les conséquences de ses propos. »

Je suis de tous coeur avec Marcel Campion, l’Oise à vraiment besoin d’un coup de pied dans la fourmilière.